Le développement de l’enfant

Développement de l’activité motrice

Les objets qui sont offerts à l’enfant sont attrayants par la matière, la couleur et l’harmonie des formes, mais la possibilité de maintenir avec intérêt son attention ne dépend pas tant de la qualité contenue dans les objets que des activités qu’ils offrent.

Dans cette optique, tous les objets ont été conçus par rapport à la taille de l’enfant, à sa capacité de les déplacer et de les manier sans besoin de l’aide de l’adulte, favorisant ainsi l’activité spontanée de l’enfant.

La présence de ces objets, mis en permanence à la disposition de l’enfant, sollicite sa curiosité et l’invite à les explorer, à les connaître selon ses goûts, son intérêt immédiat, selon son rythme : sa personnalité.

Développement de l’activité sensorielle

C’est donc au cours de cette période qu’il faut donner à l’enfant les moyens de développer son activité sensorielle, car au-delà de six ans, il s’orientera davantage vers des activités intellectuelles. Lorsque l’enfant atteint l’âge de sept ans, nous disons couramment qu’il a « l’âge de raison », cela ne veut pas dire qu’il devient « raisonnable » au sens « sage », mais que son développement psychique le prédispose à exercer sa faculté de « raisonner ».

Le matériel pédagogique proposé à l’enfant de trois à six ans a pour but de stimuler son activité sensorielle ; il lui permet, au fur et à mesure des exercices, d’apprécier avec de plus en plus d’acuité: la couleur, le son, la forme, la dimension, le poids, la température, le goût.

L’exercice le plus simple consiste à repérer les contrastes et les identités ; un exercice plus subtil permettra à l’enfant d’évaluer les nuances par gradation (pour une même couleur, par exemple, allant du plus clair au plus foncé).

Développement de l’activité intellectuelle

Dans toutes les disciplines, le matériel pédagogique permet à l’enfant de passer du simple au complexe, du concret à l’abstrait et de contrôler ses erreurs sans avoir recours à l’appréciation de l’éducateur.

Du concret à l’abstrait

Avec le support du matériel, l’élaboration et l’acquisition des connaissances de l’enfant passent par l’expérience concrète ; sa démarche est semblable à celle d’un scientifique: il procède par tâtonnement, par une succession d’essais et d’erreurs, avant d’arriver à la découverte de la « loi », de la « règle », du « théorème ». Au lieu d’apprendre par cœur, l’enfant découvre par lui-même et comprend le processus d’une opération. Il n’a alors plus besoin du matériel qui lui servait de support ; il est passé du domaine de l’expérience à celui de la pensée.

Le contrôle de l’erreur

Dans le domaine scientifique, tout résultat comporte une marge d’erreur ou d’incertitude: mais cette marge d’erreur étant mesurable et contrôlable, incite à de nouvelles recherches, et engendre toujours plus d’exactitude. Le calcul de l’erreur est donc tout aussi important pour la science que dans notre travail. Et c’est dans cette optique que le matériel pédagogique Montessori offre à l’enfant le contrôle de l’erreur d’une manière « visible » et « tangible ».

 

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